Aide aux étrangersAssociations d'aide aux migrants en Argentine : CAREF, CELS, la pastorale des migrants et les services publics
Papiers, refuge, soins, droits : les associations d'aide aux migrants en Argentine, ce que chacune fait et où la trouver. Plus la Dirección Nacional de Migraciones, la CONARE, l'avocat gratuit de la Defensoría General de la Nación, et ce que le décret 366/2025 a changé selon les associations.
Fondateur · Compatri, le réseau social des diasporas
Informations vérifiées le 2 novembre 2026.
En cas d'urgence en Argentine, appelez le 911 (ambulance ou police). Le 107 joint le SAME, les urgences médicales, et le 144 répond aux victimes de violences de genre (ce n'est pas une ligne d'urgence : en cas de danger immédiat, c'est le 911). Pour vos papiers, une demande de refuge ou un droit refusé, l'association d'aide aux migrants en Argentine la plus utile est la CAREF, qui tient une clinique juridique gratuite avec le CELS et l'université de Buenos Aires. Le CELS défend les droits des migrants devant les tribunaux et les instances internationales, la pastorale catholique des migrants (CEMI, avec sa fondation FCCAM) agit par ses délégations dans le pays, et l'OIM mène des projets d'emploi et d'accès aux droits. Côté public : la Dirección Nacional de Migraciones (DNM), la CONARE pour le refuge, et la Defensoría General de la Nación, qui donne un avocat gratuit aux demandeurs de refuge.
Ce guide présente ces associations d'aide aux migrants en Argentine : ce que chacune fait, pour qui, où, et le lien pour la joindre. Il oriente, il ne donne pas de conseil juridique. Compatri n'est lié à aucune d'entre elles.
Les associations d'aide aux migrants en Argentine en un tableau
| Organisation | Ce qu'elle fait | Pour qui | Où | Lien |
|---|---|---|---|---|
| CAREF | Clinique juridique gratuite (documents), service social, rapports sur les droits | Migrants, réfugiés, demandeurs d'asile | Buenos Aires, plus des contacts à Misiones, Mendoza et Jujuy | caref.org.ar |
| CELS | Défense des droits humains : contentieux, plaidoyer, recours internationaux | Migrants parmi d'autres publics | Buenos Aires, action nationale | cels.org.ar |
| CEMI et FCCAM (Église catholique) | Accueil et aide par la commission et les délégations pastorales diocésaines | Migrants, réfugiés, demandeurs d'asile | Tout le pays | cemi.org.ar |
| OIM Argentine (organisation internationale) | Emploi des migrants, ateliers sur l'accès aux droits, plan de réponse 2025-2026 | Migrants et réfugiés | Tout le pays | argentina.iom.int |
| Dirección Nacional de Migraciones (public) | Résidences, DNI pour étrangers, taxes migratoires | Tous les étrangers | Délégations dans le pays, démarches en ligne | argentina.gob.ar/migraciones |
| CONARE (public) | Décide du statut de réfugié, délivre le document provisoire | Demandeurs de refuge et réfugiés | Buenos Aires et délégations de la DNM | argentina.gob.ar |
Les horaires et adresses des permanences changent : ils ne figurent pas ici. Ouvrez le lien de l'organisation avant de vous déplacer.
Avant un premier rendez-vous, rassemblez votre passeport ou toute pièce d'identité, tous les papiers reçus de la DNM ou de la CONARE, une preuve d'adresse, et une liste écrite de vos questions. Signalez tout de suite une date limite : une résidence qui expire, une convocation, un ordre d'expulsion.
Papiers et résidence : la DNM, et ce qui a changé
La Dirección Nacional de Migraciones (DNM) gère les résidences. Sa page officielle distingue trois catégories : la résidence transitoire (un an au plus, sans DNI), la résidence temporaire (jusqu'à trois ans, avec un DNI temporaire) et la résidence permanente (sans date de fin, avec un DNI permanent). La catégorie dépend de l'activité, de la nationalité et des liens familiaux avec l'Argentine. La demande faite depuis l'Argentine s'appelle une radicación ; depuis l'étranger, c'est un permis d'entrée. Une partie de la procédure se lance en ligne (système RaDEx), et un tableau officiel donne les taxes migratoires en vigueur : vérifiez-le avant de payer quoi que ce soit.
Ce qui a changé depuis le décret 366/2025. Ce décret de nécessité et d'urgence (DNU) a modifié la loi migratoire 25.871. Selon la CAREF, le CELS et les organisations qui l'ont dénoncé devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme le 27 octobre 2026, il a supprimé une voie de régularisation utilisée depuis vingt ans par les Sud-Américains, exige désormais de prouver des moyens économiques suffisants par un travail déclaré, et ne donne plus droit à la résidence permanente au seul motif d'un enfant ou d'un conjoint argentin. La CAREF a publié en août 2026 une analyse de sa constitutionnalité. Ces règles sont contestées et peuvent encore évoluer : avant toute démarche, faites vérifier votre situation par la clinique juridique de la CAREF.
À la date de vérification, la page officielle de la DNM n'annonce aucun programme de régularisation en cours. Des régimes spéciaux ont existé par le passé ; si quelqu'un vous en propose un, demandez la référence officielle et vérifiez-la sur argentina.gob.ar.
La CAREF reçoit pour une orientation individuelle gratuite, centrée sur la documentation. La clinique juridique, tenue avec le CELS et la faculté de droit de l'université de Buenos Aires (UBA), forme aussi des étudiants en dernière année de droit. On demande un rendez-vous par le formulaire en ligne du service social. Le CELS donne lui aussi des conseils juridiques gratuits, mais sur d'autres sujets (détention, violences institutionnelles, santé, logement, handicap) : pour une question migratoire, il oriente vers la clinique de la CAREF.
Demander le refuge en Argentine
Toute personne, quelle que soit sa nationalité, peut demander le statut de réfugié en Argentine. C'est la CONARE (Commission nationale pour les réfugiés) qui décide. Sa foire aux questions officielle dit l'essentiel :
- la demande, le document provisoire et le DNI des réfugiés reconnus sont gratuits ;
- le document provisoire se renouvelle en personne tous les 90 jours, auprès de la CONARE ou de la délégation de la DNM de votre domicile ;
- avec ce document, vous pouvez obtenir le CUIL auprès de l'ANSES pour travailler, et ouvrir un compte bancaire ;
- un avocat n'est pas obligatoire, mais tout demandeur a droit à un avocat gratuit de la Defensoría General de la Nación, à toutes les étapes ;
- la demande de refuge et une demande de résidence à la DNM ne s'excluent pas ;
- selon le décret 646/2025, la CONARE a un an pour statuer en procédure ordinaire (à compter de quinze jours après l'entretien) et six mois en procédure sommaire ;
- les informations de la demande sont confidentielles et ne sont pas transmises au pays d'origine.
Une fois reconnu, le réfugié obtient une résidence temporaire, et la DNM précise qu'il est exempté de la taxe migratoire.
Santé
L'accès aux soins des migrants est le point le plus sensible depuis 2025. Selon la CAREF et les organisations entendues par la Commission interaméricaine, hors urgences, la gratuité des soins dans le système public national n'est plus garantie qu'aux résidents permanents, et certaines provinces ont ajouté leurs propres restrictions. Ces organisations rapportent aussi le rappel de la Commission : on ne peut pas refuser des soins médicaux à un migrant en raison de sa situation migratoire. En urgence, appelez le 911 ou le 107. Pour un refus de soins, contactez la CAREF, qui a publié en septembre 2026 un rapport sur l'accès des migrants à la santé à Misiones, Jujuy, Mendoza et Córdoba.
Travail, intégration et droits
- L'OIM Argentine mène un projet pilote d'emploi des migrants et de soutien aux petites entreprises, un fonds de développement d'entreprises, des ateliers sur l'accès aux droits et les mécanismes de plainte, et un programme de participation des migrants à la vie locale.
- La pastorale des migrants de l'Église catholique (CEMI, Conférence épiscopale argentine) indique que les dons à sa fondation FCCAM servent à aider migrants, réfugiés et demandeurs d'asile par la commission et les délégations pastorales de tout le pays. Son site est en cours de migration vers un nouveau site.
- Le CELS et la CAREF documentent les expulsions et les contrôles : selon leur dossier d'octobre 2026, 691 opérations de contrôle ont eu lieu entre le 1er janvier et le 8 août 2026.
Les associations de résidents africains. La communauté sénégalaise est la plus visible des diasporas africaines à Buenos Aires, et des associations de résidents existent. Nous n'avons pas trouvé, pour elles, de site officiel actif qui permette de vérifier leurs activités en 2025-2026 : elles ne sont donc pas citées ici. Votre communauté de compatriotes sur Compatri est le chemin le plus simple pour les rejoindre.
Pour l'ordre des démarches d'installation (logement, banque, téléphone), voyez aussi les démarches administratives à l'arrivée, par où commencer.
Se méfier des arnaques
Une association sérieuse ne promet jamais une résidence ni un statut de réfugié. Seules la DNM et la CONARE décident. La demande de refuge est gratuite, un avocat de la Defensoría General de la Nación est gratuit pour les demandeurs : personne n'a à vous vendre un rendez-vous ou un « dossier garanti ». Un avocat est inscrit à un barreau (colegio de abogados) : demandez lequel et vérifiez. Les associations de ce guide ne vendent aucun résultat.
Ne confiez jamais votre passeport, gardez une copie de chaque document remis, et ne signez rien que vous ne comprenez pas. Les mêmes pièges existent partout : notre guide pour éviter les arnaques à l'immigration les décrit aux États-Unis.
Compatri : vos compatriotes en Argentine
Une association règle un dossier ; une communauté vous entoure. Sur Compatri, une communauté réunit un pays d'origine et une ville : Buenos Aires et Córdoba. Les pages de diaspora mènent à la vôtre : les Sénégalais en Argentine, les Cap-Verdiens en Argentine, les Nigérians en Argentine. Ceux qui sont arrivés avant vous savent quelle délégation de la DNM répond et où l'on apprend l'espagnol. Lisez comment fonctionne l'entraide entre compatriotes, comment retrouver ses compatriotes en arrivant, et parcourez toutes les communautés. L'annuaire des associations de la diaspora recense surtout, pour l'instant, des associations en Belgique.
Pour comparer avec d'autres pays, voyez les associations d'aide aux étrangers en Europe et dans les Amériques, puis notre guide pour le Brésil.
Sources
- CAREF : accueil
- CAREF : clinique juridique
- CAREF : contact
- CAREF : plainte devant la CIDH, 28 octobre 2026
- CAREF : le DNU 366/2025 et son inconstitutionnalité, 6 août 2026
- CELS : migrants
- CELS : consultations juridiques
- CEMI, Conférence épiscopale argentine
- OIM Argentine
- Dirección Nacional de Migraciones
- DNM : les résidences
- CONARE : questions fréquentes
- DNM : résidence temporaire des réfugiés et asilés
- argentina.gob.ar : numéros d'urgence
Questions fréquentes
Où trouver une aide juridique gratuite pour migrants à Buenos Aires ?
La clinique juridique de la CAREF, tenue avec le CELS et l'université de Buenos Aires, donne une orientation individuelle gratuite sur les papiers, sur rendez-vous demandé en ligne. Pour une demande de refuge, tout demandeur a droit à un avocat gratuit de la Defensoría General de la Nación, selon la CONARE.
Quelles sont les résidences possibles pour un étranger en Argentine ?
La DNM distingue la résidence transitoire (un an au plus, sans DNI), temporaire (jusqu'à trois ans, avec DNI temporaire) et permanente (avec DNI permanent). La catégorie dépend de l'activité, de la nationalité et des liens familiaux. Depuis le décret 366/2025, les conditions de la résidence permanente ont changé selon les associations : faites vérifier votre cas par la CAREF.
Demander le refuge en Argentine est-il gratuit ?
Oui. Selon la CONARE, la demande, le document provisoire et le DNI des réfugiés reconnus sont gratuits. Le document provisoire se renouvelle tous les 90 jours et permet de demander le CUIL pour travailler. Les réfugiés reconnus sont exemptés de la taxe migratoire pour leur résidence.
Un migrant peut-il se faire soigner gratuitement en Argentine ?
Les urgences restent soignées. Hors urgences, selon la CAREF et les organisations entendues par la Commission interaméricaine en octobre 2026, la gratuité dans le système public national n'est plus garantie qu'aux résidents permanents, et certaines provinces ont ajouté des restrictions. En cas de refus de soins, contactez la CAREF.
Y a-t-il un programme de régularisation en Argentine en 2026 ?
Au 2 novembre 2026, la page officielle de la Dirección Nacional de Migraciones n'en annonce aucun. Si quelqu'un vous propose une « régularisation » payante, demandez la référence officielle et vérifiez-la sur argentina.gob.ar, ou auprès de la clinique juridique gratuite de la CAREF.