Étranger à la rue en France : le 115, l'hébergement d'urgence et les associations qui aidentAide aux étrangers
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Étranger à la rue en France : le 115, l'hébergement d'urgence et les associations qui aident

Sans hébergement ni ressources en France, avec ou sans papiers : le 115, les accueils de jour, la domiciliation au CCAS, les associations (Emmaüs Solidarité, Secours populaire, Secours Catholique, Croix-Rouge, Restos du Cœur, Utopia 56, Dom'Asile, Armée du Salut) et la protection des mineurs isolés.

Espero AKPOLI

Fondateur · Compatri, le réseau social des diasporas

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Informations vérifiées le 2 novembre 2026.

Vous êtes en France, sans hébergement ni ressources, avec ou sans papiers : appelez le 115. C'est le numéro gratuit de l'hébergement d'urgence, joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, depuis un fixe ou un mobile, même sans crédit. L'hébergement d'urgence est ouvert à tous, sans condition de nationalité ni de statut administratif, selon le ministère de la Transition écologique. En journée, les accueils de jour offrent douche, repas et un travailleur social. Pour recevoir votre courrier et ouvrir vos droits, demandez une domiciliation au CCAS de votre commune ou à une association agréée.

Danger immédiat : 15 (Samu), 17 (police), 18 (pompiers) ou 112.

Cette page présente l'aide d'urgence et à l'hébergement pour les étrangers en France : ce que fait chaque association, pour qui, où, et le lien pour la trouver. Elle oriente, elle ne remplace pas un travailleur social. Elle fait partie de notre série sur les associations d'aide aux étrangers en Europe et aux Amériques.

En résumé : qui fait quoi

OrganismeCe qu'il faitPour quiOùLien
115 (public)Hébergement d'urgence, écoute, orientationToute personne sans abriToute la FranceComposer le 115
CCAS de la commune (public)Domiciliation, aide socialePersonnes sans domicile stable ayant un lien avec la communeChaque communeMairie
Emmaüs SolidaritéMaraudes, accueils de jour, haltes de nuit, hébergementPersonnes et familles à la rueParis et Île-de-Franceemmaus-solidarite.org/etre-aide
Secours populaireAide alimentaire et matérielle, accès aux droits, santéToute personne en détresse, accueil inconditionnelToute la Francesecourspopulaire.fr
Secours CatholiqueAccueil, aide d'urgence, accès aux droits, cours de françaisPersonnes en précarité, dont les migrantsToute la Francesecours-catholique.org
Croix-Rouge françaiseSamu social, urgence sociale, aide administrative, liens familiaux, écouteToute personne, quel que soit son statutToute la Francecroix-rouge.fr/annuaire
Restos du CœurAide alimentaire gratuite, repas chauds, maraudesPersonnes aux ressources insuffisantes ; repas chauds sans conditionToute la Francerestosducoeur.org
Utopia 56Maraudes, hébergement solidaire, aide aux mineurs isolésPersonnes exilées, familles à la rue, mineurs non accompagnésParis, Calais, Grande-Synthe, Lille, Rennes, Toulouse, Toursutopia56.org
Dom'AsileDomiciliation et accès aux droits sociauxDemandeurs d'asile, réfugiés, déboutésÎle-de-Francedomasile.org
Fondation de l'Armée du SalutHébergement d'urgence, accueils de jour, domiciliation, mineurs non accompagnésPersonnes en précarité, personnes exiléesPlus de 200 établissements en Francearmeedusalut.fr/etablissements

Le 115 : le premier numéro à appeler

Le 115 est le numéro d'urgence sociale. L'appel est gratuit, anonyme, possible depuis un mobile sans crédit. Les écoutants cherchent une place pour la nuit et orientent vers les structures adaptées : centres d'hébergement d'urgence (CHU), centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), nuits d'hôtel.

Ce qu'il faut savoir avant d'appeler :

  • La ligne est souvent saturée, surtout le soir et en hiver. Rappelez. Appelez tôt dans la journée si vous le pouvez.
  • Votre situation administrative ne vous exclut pas. L'hébergement d'urgence est ouvert sans condition de nationalité ni de statut administratif.
  • Donnez les informations utiles : où vous êtes, si vous êtes avec des enfants, enceinte, malade ou âgé. Elles comptent pour l'orientation.
  • Vous pouvez signaler une autre personne à la rue. À Paris, le Samusocial propose aussi un formulaire de signalement en ligne. Hors de Paris, c'est le service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) du département qui intervient.

Le 115 ne remplace pas les urgences médicales. Personne malade ou blessée : 15. Danger : 17 ou 112.

Les accueils de jour : se poser, se laver, voir un travailleur social

Un accueil de jour est un lieu où une personne à la rue peut se reposer, prendre une douche, laver son linge, manger et rencontrer un travailleur social. C'est souvent là que commence l'accès aux droits : domiciliation, demande de couverture maladie, orientation vers un hébergement.

Ils sont tenus par des associations (Emmaüs Solidarité, Armée du Salut, Croix-Rouge, Secours Catholique et d'autres) et par des communes. Leurs horaires changent souvent : demandez au 115, à la mairie ou au CCAS l'adresse du plus proche, ou consultez la page de chaque association.

Les associations qui aident les étrangers à la rue

Emmaüs Solidarité (Paris et Île-de-France)

Emmaüs Solidarité lutte « sans condition » contre l'exclusion des personnes et des familles à la rue. Elle mène des maraudes, tient des accueils de jour et des haltes de nuit, distribue de l'aide alimentaire et gère des hébergements. Ses accueils de jour parisiens reçoivent des publics distincts (femmes, hommes, familles) ; l'un d'eux s'adresse aux primo-arrivants et aux demandeurs d'asile à la rue. Liste et publics sur la page Être aidé.

Secours populaire français

Présent partout en France par ses fédérations départementales et ses comités locaux, le Secours populaire annonce un accueil inconditionnel de toute personne en détresse. Il propose aide alimentaire et matérielle, accès aux droits, accès aux soins, et compte les migrants et réfugiés parmi ses actions. Trouvez le comité le plus proche sur la carte Où nous trouver.

Secours Catholique (Caritas France)

Le Secours Catholique accueille les personnes en précarité quelles que soient leur culture et leurs convictions. Pour les migrants, il propose des lieux d'accueil, une aide aux démarches administratives (demande d'asile, prestations), des cours de français et un soutien psychologique. Ses 72 délégations sont listées sur la page Nos implantations.

Croix-Rouge française

La Croix-Rouge indique être le premier opérateur de Samu social en France. Ses équipes s'engagent à un accueil inconditionnel, orientent vers ses épiceries sociales, vestiaires, cours de français et hébergements, et aident aux dossiers administratifs (asile, réunification familiale, domiciliation). Deux services nationaux méritent d'être connus :

  • le rétablissement des liens familiaux, gratuit et confidentiel, pour retrouver un proche en France ou à l'étranger, quel que soit votre statut en France ;
  • le soutien psychosocial par téléphone au 0 800 858 858, gratuit et anonyme, ouvert à tous.

Les adresses locales sont dans l'annuaire de la Croix-Rouge.

Restos du Cœur

L'aide alimentaire des Restos du Cœur est gratuite. Pour recevoir des paniers, on s'inscrit chaque année dans un centre, en montrant des ressources inférieures au barème de l'année. Les repas chauds et les maraudes, destinés à l'urgence, ne sont pas soumis à condition de ressources. Les centres se trouvent par la page des associations départementales.

Utopia 56

Utopia 56 vient en aide aux personnes exilées et à toute personne en détresse : maraudes de nuit, distribution de nourriture, de vêtements et de tentes, hébergement solidaire chez des particuliers, cours de français. L'association a des antennes à Paris, Calais, Grande-Synthe, Lille, Rennes, Toulouse et Tours. À Paris, elle tient une permanence pour les familles, les femmes seules et les couples sans solution pour la nuit. Coordonnées : page contact et pages de chaque antenne sur utopia56.org.

Fondation de l'Armée du Salut

La Fondation de l'Armée du Salut gère plus de 200 établissements dans 28 départements. Son annuaire se filtre par service : hébergement d'urgence, accueil de jour et domiciliation, mineurs étrangers non accompagnés. Il recense aussi des lieux pour les personnes exilées. Voir les établissements et postes.

Domiciliation : avoir une adresse pour ouvrir ses droits

Sans adresse, impossible de recevoir un courrier de la préfecture, de la CPAM ou d'un tribunal. La domiciliation (élection de domicile) donne une adresse administrative à une personne sans domicile stable : à la rue, en hébergement d'urgence, ou hébergée temporairement chez quelqu'un.

Le droit commun (public). Service-public décrit la démarche :

  • la demande se fait auprès du CCAS (centre communal d'action sociale) ou d'un organisme agréé ; la mairie indique ceux qui existent ;
  • il faut un lien avec la commune : y vivre, y travailler, y être accompagné, y avoir de la famille, ou y scolariser un enfant ;
  • un entretien est obligatoire ; la décision est écrite, sous deux mois, et un refus doit être motivé ;
  • la domiciliation vaut un an, renouvelable ; il faut se manifester au moins une fois tous les trois mois.

Pour les personnes sans domicile qui demandent l'aide médicale de l'État, service-public précise qu'elles peuvent élire domicile auprès d'un CCAS ou d'une association agréée. Les soins sont détaillés dans notre article sur l'accès aux soins des étrangers en France.

Les demandeurs d'asile relèvent d'un système à part, prévu par le code de l'entrée et du séjour des étrangers. Voyez notre guide des associations qui aident à demander l'asile en France.

Dom'Asile (Île-de-France) se consacre à la domiciliation et à l'accès aux droits sociaux des personnes exilées sans hébergement stable : demandeurs d'asile, réfugiés récemment reconnus, déboutés qui ne trouvent pas de domiciliation ailleurs. Aucun document n'est exigé pour s'inscrire. L'association vérifie d'abord si une structure publique (CCAS, plateforme pour demandeurs d'asile) peut vous domicilier. Ses centres couvrent sept départements d'Île-de-France : nos centres et permanences, et la marche à suivre sur être domicilié·e à Dom'Asile.

Mineurs isolés étrangers : c'est le département qui protège

Un jeune de moins de 18 ans, étranger, seul en France, relève de la protection de l'enfance. Le ministère des Solidarités l'écrit : toute personne se présentant comme mineur non accompagné est prise en charge par les services du département, c'est-à-dire l'aide sociale à l'enfance (ASE).

Les étapes décrites par le ministère :

1La mise à l'abri. Le département héberge le jeune pendant l'évaluation, avec un temps de répit et un premier entretien sur ses besoins de santé.
2L'évaluation. La minorité et l'isolement sont évalués par l'ASE ou par un service autorisé et contrôlé par le département, selon un référentiel national. Le président du conseil départemental décide sur un faisceau d'indices.
3La prise en charge. Reconnu mineur, le jeune est confié au département par l'autorité judiciaire, puis suivi comme tout enfant protégé.

Ce qu'il faut faire : se présenter au conseil départemental ou aux services de l'ASE du lieu où l'on se trouve. Le 115 et les associations orientent aussi les jeunes. Ne restez pas seul pendant l'évaluation, surtout en cas de refus : Utopia 56 accompagne les mineurs non accompagnés (cours de français, maraudes, accompagnement), la Croix-Rouge gère des dispositifs dédiés, et la Fondation de l'Armée du Salut a des établissements pour mineurs étrangers non accompagnés.

Se méfier des arnaques

La détresse attire les escrocs. Quelques règles simples :

  • Le 115, la domiciliation au CCAS et l'aide alimentaire des associations sont gratuits. Personne ne doit vous faire payer une place d'hébergement ou une attestation de domiciliation.
  • Méfiez-vous des intermédiaires payants qui promettent un logement, un rendez-vous en préfecture ou un « dossier rapide ».
  • Un avocat est inscrit à un barreau. Demandez-lui lequel et vérifiez. Une personne qui se dit « juriste » sans pouvoir le prouver ne doit pas toucher votre dossier.
  • Une association sérieuse ne promet jamais un titre de séjour. Elle explique, oriente, accompagne. Pour le séjour lui-même, voyez notre guide des associations qui aident à obtenir un titre de séjour.
  • Ne confiez jamais l'original de votre passeport à un inconnu.

Retrouver vos compatriotes

Une association donne un repas et une adresse. Des compatriotes donnent autre chose : quelqu'un qui parle votre langue, connaît le quartier, sait quel accueil de jour reçoit bien et quelle permanence répond. Sur Compatri, retrouvez la communauté de votre pays dans votre ville et les pages des diasporas, comme les Sénégalais en France, les Camerounais en France ou les Ivoiriens en France. L'annuaire des associations liste aussi des associations de la diaspora. Notre article sur l'entraide entre compatriotes montre ce qu'une communauté peut faire, et ce qu'elle ne remplace pas.

Compatri n'est lié à aucune des associations citées : nous les présentons pour vous orienter. Une fois la situation stabilisée, les démarches de séjour reprennent : voyez renouveler son titre de séjour en France.

Sources

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Questions fréquentes

Peut-on appeler le 115 sans papiers ?

Oui. Le 115 est gratuit, anonyme et joignable 24 heures sur 24, même depuis un mobile sans crédit. Le ministère de la Transition écologique indique que l'hébergement d'urgence est ouvert à tous, sans condition de nationalité ni de statut administratif. La ligne est souvent saturée : rappelez, et appelez tôt dans la journée si possible.

Comment avoir une adresse quand on est à la rue en France ?

Par la domiciliation. Selon service-public, la demande se fait au CCAS de la commune ou auprès d'un organisme agréé, à condition d'avoir un lien avec la commune. Un entretien est obligatoire, la décision est rendue sous deux mois, et la domiciliation vaut un an, renouvelable. En Île-de-France, Dom'Asile domicilie les demandeurs d'asile, réfugiés et déboutés qui ne trouvent pas de domiciliation ailleurs.

Où manger gratuitement en France quand on n'a pas de ressources ?

Les accueils de jour servent souvent un repas. Les Restos du Cœur distribuent une aide alimentaire gratuite : les paniers demandent une inscription annuelle sous condition de ressources, mais les repas chauds et les maraudes ne sont soumis à aucune condition de ressources. Le Secours populaire, le Secours Catholique et la Croix-Rouge proposent aussi une aide alimentaire ; leurs sites indiquent l'antenne la plus proche.

Que faire si on est mineur étranger et seul en France ?

Se présenter au conseil départemental ou aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) du lieu où l'on se trouve. Le ministère des Solidarités indique que toute personne se présentant comme mineur non accompagné est prise en charge par le département : mise à l'abri, évaluation de la minorité et de l'isolement, puis prise en charge si la minorité est reconnue. Utopia 56, la Croix-Rouge et la Fondation de l'Armée du Salut accompagnent aussi les mineurs.

Une association peut-elle me faire payer un hébergement ou une domiciliation ?

Le 115 est gratuit, et personne ne doit vous faire payer une place d'hébergement d'urgence ou une attestation de domiciliation. Méfiez-vous des intermédiaires qui promettent un logement, un rendez-vous en préfecture ou un titre de séjour contre de l'argent : une association sérieuse ne promet jamais un titre de séjour, et un avocat est toujours inscrit à un barreau, ce qui se vérifie.