Visa salarié ou carte talent (ex-passeport talent) : les démarches à faire en arrivant en FranceS'installer
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Visa salarié ou carte talent (ex-passeport talent) : les démarches à faire en arrivant en France

Salarié en CDI, en CDD ou titulaire d'une carte talent : valider le VLS-TS dans les 3 mois, OFII, sécurité sociale par l'employeur, banque, impôts, famille, puis demande de carte avant la fin du visa. Les délais et montants vérifiés en octobre 2026.

Espero AKPOLI

Fondateur · Compatri, le réseau social des diasporas

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Informations vérifiées le 25 octobre 2026.

Vous arrivez en France pour un emploi, avec un visa « salarié », « travailleur temporaire » ou « talent » ? Dans les 3 mois qui suivent l'arrivée, validez votre VLS-TS en ligne (taxe de 300 € pour un salarié) ; si votre visa talent n'est valable que 3 mois, demandez votre carte talent sur l'ANEF dans les 2 mois suivant l'entrée. Ensuite viennent l'OFII (pour les salariés en CDI), l'immatriculation à la sécurité sociale, que lance votre employeur, le compte bancaire, et une demande de carte de séjour à déposer au plus tard 2 mois avant la fin du visa.

Ce guide fait partie de notre série sur les démarches à l'arrivée. Pour comparer avec les autres visas, voyez arriver en France avec un visa long séjour, et pour les autres pays, arriver en Europe avec un visa long séjour.

Quel visa avez-vous ?

La mention portée sur la vignette de votre passeport décide de tout le reste. La carte « talent » a remplacé l'ancien « passeport talent », dont le nom circule encore.

Mention du visaPour quiAutorisation de travailCIR à l'OFII
« salarié »CDIOui, demandée par l'employeurOui, sauf dispense
« travailleur temporaire »CDDOui, demandée par l'employeurNon
« talent »Salarié qualifié, carte bleue européenne, chercheur, professions médicales, etc.NonNon

Les seuils de la carte talent, selon service-public (fiche vérifiée le 1er juin 2026) :

  • salarié qualifié : diplôme au moins équivalent au master obtenu en France, ou emploi dans une entreprise innovante, et un salaire d'au moins 39 582 € brut par an ;
  • carte bleue européenne : diplôme sanctionnant au moins 3 ans d'études supérieures (ou 5 ans d'expérience), contrat d'au moins 6 mois et salaire d'au moins 59 373 € brut par an ;
  • professions médicales et de la pharmacie : autorisation d'exercer et au moins 41 386,48 € brut par an ;
  • chercheur : diplôme au moins équivalent au master et convention d'accueil d'un organisme de recherche.

Les ressortissants algériens relèvent de l'accord franco-algérien de 1968 (certificat de résidence), et les Tunisiens bénéficient de règles propres issues de l'accord de 2008 : vérifiez votre cas sur service-public.

Avant le départ : l'autorisation de travail

Pour un visa salarié ou travailleur temporaire, c'est l'employeur qui demande l'autorisation de travail, en ligne, avant votre entrée en France. Il doit montrer que le poste figure sur la liste des métiers en tension, ou que l'offre a été publiée 3 semaines consécutives dans les 6 mois précédents sans candidature valable. Le salaire ne peut être inférieur ni au SMIC ni au minimum de la convention collective. Si la préfecture ne répond pas dans les 2 mois, la demande est implicitement refusée.

L'employeur paie aussi une taxe à la première admission au séjour : elle est à sa charge, pas à la vôtre. Pour la carte talent, aucune autorisation de travail n'est demandée et l'employeur est exonéré de cette taxe.

Les métiers en tension

La liste en vigueur est celle de l'arrêté du 21 mai 2025, publié au Journal officiel le 22 mai 2025. Elle est établie région par région : un métier en tension en Île-de-France ne l'est pas forcément en Occitanie. Quand le poste y figure, l'employeur n'a pas à publier l'offre au préalable. La loi du 26 janvier 2024 prévoit une mise à jour au moins annuelle : nous n'avons pas trouvé de nouvelle liste pour la métropole au 25 octobre 2026, vérifiez sur Légifrance avant de vous y fier.

La même loi a créé une admission exceptionnelle au séjour pour les personnes déjà en France sans titre qui travaillent dans ces métiers, prévue jusqu'au 31 décembre 2026. Elle ne concerne pas un nouvel arrivant muni d'un visa.

Les 3 premiers mois : valider le VLS-TS

Salarié et travailleur temporaire. Votre visa vaut titre de séjour pendant sa durée (un an au plus) et vous pouvez travailler dès l'arrivée. Il doit être validé en ligne sur le site de l'ANEF dans les 3 mois suivant l'entrée, avec une taxe de 300 € pour un salarié selon service-public, qui s'ajoute aux droits de visa. Sans validation, vous perdez la régularité du séjour et le droit de revenir dans l'espace Schengen après un voyage. Le pas à pas est le même que celui décrit dans notre guide valider son VLS-TS : préparez passeport, date d'entrée, adresse en France et carte bancaire.

Talent. Deux cas, selon service-public :

  • séjour de moins d'un an : vous recevez un VLS-TS « talent », à valider en ligne dans les 3 mois ;
  • séjour d'un an ou plus : vous recevez un visa « talent » de 3 mois, et vous demandez votre carte talent en ligne sur l'ANEF, dans les 2 mois qui suivent votre entrée. Un récépissé dématérialisé vous est délivré au dépôt. La carte coûte 350 € (300 € de taxe et 50 € de droit de timbre), payés en timbres fiscaux.

L'OFII : contrat d'intégration et visite médicale

Avec un VLS-TS « salarié », vous signez le contrat d'intégration républicaine : entretien, test de français, 24 heures de formation civique et, si besoin, formation linguistique. Vous en êtes dispensé si vous avez suivi au moins une année d'études supérieures en France. Les titres « travailleur temporaire » et « talent » n'y sont pas soumis. Tout est expliqué dans notre guide convocation OFII et contrat d'intégration républicaine.

Pour la carte salarié, service-public liste le certificat médical délivré par l'OFII parmi les pièces demandées à la remise du titre : si l'OFII vous convoque à une visite médicale, allez-y et gardez le certificat. Pour la carte talent, les fiches officielles consultées ne le mentionnent pas ; suivez toute convocation que vous recevriez.

La sécurité sociale : c'est l'employeur qui lance la démarche

Salarié, vous êtes affilié au régime général dès l'embauche. Selon l'Assurance maladie, c'est votre employeur qui effectue les démarches d'ouverture de vos droits. Comme vous êtes né à l'étranger, la CPAM vous demandera un titre d'identité ou de séjour et un acte de naissance complet (copie intégrale), traduit en français sauf exceptions. Apportez-le de chez vous : c'est la pièce qui manque le plus souvent.

Vous recevez d'abord un numéro d'attente, puis la Cnav attribue votre numéro de sécurité sociale définitif. Si seul votre titre a été fourni, vous avez 3 mois pour transmettre l'acte d'état civil, faute de quoi les prestations peuvent être suspendues après une mise en demeure. Avec le numéro définitif, créez votre compte ameli, commandez votre carte Vitale et déclarez un médecin traitant pour être bien remboursé.

Ameli précise que les titulaires d'un titre « passeport talent salarié » s'adressent à la CPAM de Paris pour toutes leurs démarches. Côté mutuelle, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective et en payer au moins la moitié.

La banque et le salaire

Votre employeur vous demandera un RIB pour verser le salaire : ouvrez un compte dès la première semaine. Si les banques vous le refusent, la Banque de France peut désigner une banque tenue de vous ouvrir un compte, au titre du droit au compte. Les conseils de notre article ouvrir un compte bancaire en France valent aussi pour un salarié.

Les impôts : prélèvement à la source, déclaration l'année suivante

L'impôt sur le revenu est prélevé à la source sur votre salaire dès la première paie. Tant que l'administration n'a pas transmis votre taux personnel à l'employeur, celui-ci applique un taux non personnalisé. Au printemps de l'année suivante, vous déclarez les revenus perçus depuis votre date d'arrivée. Pour une toute première déclaration, suivez la rubrique « international » d'impots.gouv.fr ou adressez-vous au service des impôts des particuliers de votre domicile, qui vous indiquera s'il faut passer par le formulaire papier 2042.

La famille

Carte talent. Votre conjoint et vos enfants mineurs n'ont pas à passer par le regroupement familial : c'est la procédure simplifiée « famille accompagnante ». Le conjoint obtient une carte « talent-famille », valable pour la durée restant à courir de votre carte talent, qui l'autorise à exercer toute activité professionnelle. Arrivé avec un visa long séjour, il la demande sur l'ANEF dans les 2 mois suivant son entrée ; elle coûte 350 €.

Salarié ou travailleur temporaire. Il faut passer par le regroupement familial, possible après 18 mois de séjour régulier en France, avec des ressources d'au moins 1 867,02 € brut par mois en moyenne sur 12 mois pour une famille de 2 ou 3 personnes. Notre guide regroupement familial en France détaille la suite.

Renouvellement, changement d'employeur, perte d'emploi

Salarié (CDI). Déposez la demande de carte au plus tard 2 mois avant la fin du VLS-TS, à la préfecture de votre domicile ou en ligne selon ce qu'elle indique. Si vous occupez toujours le même emploi, vous pouvez obtenir une carte pluriannuelle de 4 ans, à condition depuis le 1er janvier 2026 d'avoir été assidu au CIR, de prouver le niveau A2 en français et d'avoir réussi l'examen civique (sauf après 65 ans). Service-public indique 250 € (200 € de taxe et 50 € de droit de timbre) pour un renouvellement, et un droit de visa de régularisation de 180 € en cas de dépôt tardif. Sans réponse sous 4 mois, la demande est implicitement refusée.

Travailleur temporaire (CDD). La carte est renouvelée pour la durée du CDD restant ou du nouveau CDD, avec le même délai de dépôt.

Changement d'employeur. Le nouvel employeur doit obtenir une nouvelle autorisation de travail ; vous joignez l'attestation de l'ancien employeur destinée à France Travail. Perte d'emploi : si vous êtes indemnisé par France Travail, vous pouvez obtenir une carte temporaire « salarié » pour la durée de vos droits.

Talent. La demande de renouvellement se fait en ligne sur l'ANEF, entre 4 et 2 mois avant la fin de votre carte. Notre guide renouveler son titre de séjour en France détaille le calendrier. Si vous étiez étudiant en France avant ce poste, lisez plutôt notre article sur le changement de statut étudiant salarié.

Le récapitulatif

DémarcheDélaiOù / commentÀ apporter, ou ce qu'on risque
Autorisation de travail (salarié, CDD)Avant le départL'employeur, en ligneSilence de 2 mois : refus
Ouvrir un compte bancairePremière semaineBanque ; droit au compte en cas de refusPasseport, visa, justificatif de domicile
Immatriculation à la sécurité socialeDès l'embaucheL'employeur, puis la CPAMActe de naissance complet traduit ; 3 mois pour le fournir
Valider le VLS-TSDans les 3 mois après l'arrivéeEn ligne sur l'ANEF300 € pour un salarié ; sinon séjour irrégulier
Demander la carte talent (visa de 3 mois)Dans les 2 mois après l'entréeEn ligne sur l'ANEF350 € ; récépissé au dépôt
OFII : CIR et visite médicaleÀ la convocationDirection territoriale de l'OFIISalarié en CDI ; certificat médical exigé pour la carte
Demander la carte de séjourAu plus tard 2 mois avant la fin du VLS-TSPréfecture ou ANEFRetard : 180 € de droit de visa de régularisation
Déclarer ses revenusPrintemps de l'année suivanteimpots.gouv.fr ou service des impôtsRevenus depuis la date d'arrivée

Retrouver ses compatriotes

Un premier poste en France, c'est aussi une ville à apprivoiser, souvent sans réseau. Sur Compatri, les membres de votre communauté savent quelle banque a ouvert un compte sans fiche de paie, quel délai annonce la préfecture, où se tiennent les prochaines rencontres. Rejoignez par exemple les Camerounais de France, les Sénégalais de France, les Béninois de France, les Tunisiens de France ou les Marocains de France, et toutes les communautés présentes à Paris, à Toulouse, à Lyon et dans les autres villes de France. Pour faire le lien avant même de partir, lisez comment rejoindre sa communauté avant de partir.

Compatri n'est pas un service de l'État et ne fait aucune démarche à votre place. La préfecture, l'OFII, l'Assurance maladie et les sites officiels ci-dessous restent seuls à faire foi.

Sources officielles

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Questions fréquentes

Dans quel délai faut-il valider un visa salarié en France ?

Dans les 3 mois qui suivent l'entrée en France, en ligne sur le site de l'ANEF. Selon service-public, la taxe est de 300 € pour un salarié, en plus des droits de visa. Sans validation, le séjour devient irrégulier et vous ne pouvez plus revenir dans l'espace Schengen après un voyage.

Le passeport talent existe-t-il encore ?

Il a été remplacé par la carte de séjour pluriannuelle « talent », mais le nom circule encore. Selon service-public, la catégorie salarié qualifié exige au moins 39 582 € brut par an, et la carte bleue européenne au moins 59 373 €. Pour un séjour d'un an ou plus, on arrive avec un visa talent de 3 mois et on demande la carte sur l'ANEF dans les 2 mois suivant l'entrée, pour 350 €.

Un salarié étranger doit-il signer le contrat d'intégration républicaine ?

Oui avec un VLS-TS « salarié » (CDI), sauf si vous avez fait au moins une année d'études supérieures en France. Les titres « travailleur temporaire » (CDD) et « talent » n'y sont pas soumis. Depuis le 1er janvier 2026, l'assiduité au CIR, le niveau A2 et la réussite à l'examen civique conditionnent la première carte pluriannuelle de 4 ans.

Qui s'occupe de la sécurité sociale d'un salarié qui arrive en France ?

Selon l'Assurance maladie, c'est l'employeur qui fait les démarches d'ouverture des droits. Né à l'étranger, vous fournissez un titre d'identité ou de séjour et un acte de naissance complet, traduit en français : vous recevez d'abord un numéro d'attente, et si l'acte manque, vous avez 3 mois pour le transmettre. Avec le numéro définitif, vous créez votre compte ameli et commandez la carte Vitale.

Ma famille peut-elle me rejoindre avec une carte talent ?

Oui, sans regroupement familial, par la procédure « famille accompagnante ». Le conjoint obtient une carte « talent-famille » valable pour la durée restante de votre carte, qui l'autorise à travailler ; arrivé avec un visa long séjour, il la demande sur l'ANEF dans les 2 mois suivant l'entrée, pour 350 €. Avec un visa salarié ou travailleur temporaire, il faut en revanche passer par le regroupement familial, après 18 mois de séjour.

Que faire si je change d'employeur ou perds mon emploi ?

En cas de changement d'employeur, le nouvel employeur doit obtenir une nouvelle autorisation de travail, et vous joignez l'attestation de l'ancien employeur destinée à France Travail. Si vous perdez votre emploi et êtes indemnisé par France Travail, vous pouvez obtenir une carte temporaire « salarié » pour la durée de vos droits. Dans tous les cas, déposez la demande au plus tard 2 mois avant la fin de votre titre.