S'installerRegroupement familial en Belgique : ce qui se passe après l'arrivée (commune, carte de séjour, contrôle de cohabitation)
Visa D regroupement familial en poche : commune dans les 8 jours ouvrables, enquête de l'agent de quartier, carte A ou carte F selon la personne rejointe, cinq ans de contrôle des conditions, protections en cas de violences, mutuelle, allocations familiales, école et parcours d'intégration.
Fondateur · Compatri, le réseau social des diasporas
Informations vérifiées le 25 octobre 2026.
Vous arrivez en Belgique avec un visa D regroupement familial. Dans les 8 jours ouvrables qui suivent votre entrée, présentez-vous à la commune ; l'agent de quartier vérifie que vous vivez bien à l'adresse de la personne rejointe, puis la commune vous délivre une carte A si vous rejoignez un non-Européen, ou une carte F si vous rejoignez un Belge ou un citoyen de l'Union. Pendant cinq ans, le séjour peut être retiré si les conditions cessent, vie commune comprise, avec des protections pour les victimes de violences. Le même mois : mutuelle, allocations familiales, école pour les enfants dès 5 ans et, selon la Région, parcours d'intégration.
Cette page fait partie de notre série sur les visas D : la page Arriver en Belgique avec un visa D compare tous les cas, et la page d'entrée Arriver en Europe avec un visa long séjour couvre les autres pays. Vous rejoignez un proche en France ? Lisez plutôt le regroupement familial en France après l'arrivée.
Les démarches après l'arrivée en un tableau
| Démarche | Délai | Où / comment | À apporter, ou ce que vous risquez |
|---|---|---|---|
| Se présenter à la commune | 8 jours ouvrables après l'entrée en Belgique | Service des étrangers de la commune où vit la personne rejointe | Passeport avec visa D ; la commune précise les autres pièces |
| Enquête de résidence | Dans les jours ou semaines qui suivent, selon la commune | Visite de l'agent de quartier au domicile commun | Vivre réellement à l'adresse ; sans enquête positive, pas de carte |
| Retirer la carte A ou F | Quand la commune vous convoque | Commune | Courrier de convocation, passeport |
| S'affilier à une mutuelle | Dès l'inscription à la commune | Mutualité de la personne rejointe (personne à charge) ou la vôtre | Titre de séjour, composition de ménage |
| Demander les allocations familiales | Dès l'arrivée des enfants | Caisse de votre Région : Bruxelles, Wallonie ou Flandre | Titre de séjour des enfants, adresse en Belgique |
| Inscrire les enfants à l'école | Sans attendre : l'obligation scolaire commence à 5 ans | École de votre choix | Pièces d'identité, bulletins scolaires du pays d'origine |
| Parcours d'intégration | Bruxelles : inscription dans les 6 mois ; Wallonie : parcours terminé en 3 ans | BAPA ou BON à Bruxelles, centre régional d'intégration en Wallonie, Agentschap en Flandre | À Bruxelles, amende de 100 € puis jusqu'à 2 500 € au total |
| Renouveler la carte A | En principe entre le 60e et le 30e jour avant l'échéance | Commune | Preuves que les conditions sont toujours remplies |
Qui avez-vous rejoint ? Deux régimes, deux cartes
Tout dépend de la nationalité de la personne que vous rejoignez, le « regroupant ».
| Vous rejoignez un non-Européen en séjour légal | Vous rejoignez un Belge ou un citoyen de l'Union | |
|---|---|---|
| Base légale | Article 10 de la loi du 15 décembre 1980 | Article 40bis (citoyen de l'Union) ou 40ter (Belge) |
| Carte délivrée | Carte A, séjour limité | Carte F, carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union |
| Période où le séjour peut être retiré | Cinq ans à partir de la délivrance du titre de séjour | Cinq ans à partir de la reconnaissance du droit de séjour |
| Après cinq ans | Séjour illimité (carte B), si vous remplissez encore les conditions | Séjour permanent (carte F+, valable 10 ans) |
Un cas particulier : le Belge qui a vécu effectivement dans un autre pays de l'Union avant de revenir s'installer en Belgique. Sa famille relève alors des mêmes règles que celle d'un citoyen européen. Les autres Belges relèvent de l'article 40ter.
Regardez aussi votre visa : l'Office des étrangers y appose une mention nationale (B suivi d'un chiffre) dans la zone « Remarques ». Elle indique les conditions de séjour et de renouvellement qui s'appliquent à vous.
Semaine 1 : la commune dans les 8 jours ouvrables
L'article 12 de la loi du 15 décembre 1980 impose de demander l'inscription au registre des étrangers dans les huit jours ouvrables de l'entrée en Belgique. L'Office des étrangers le rappelle pour le regroupement familial : présentez-vous à la commune de votre lieu de résidence dans les 8 jours qui suivent votre arrivée.
Vous vous inscrivez à l'adresse de la personne rejointe, puisque le regroupement suppose de vivre ensemble. Beaucoup de communes travaillent sur rendez-vous : si aucun créneau n'est libre, contactez le service des étrangers avant la fin du délai et gardez une trace écrite. Notre guide pour déclarer son arrivée à la commune détaille le déroulé et les pièces. Les communes facturent la carte électronique à des tarifs qui leur sont propres.
L'enquête de résidence : vivre vraiment ensemble
Après votre passage, un agent de quartier de la police locale vient vérifier que vous habitez à l'adresse déclarée. Si l'enquête est positive, la commune vous inscrit dans ses registres et délivre la carte A ou F. Mettez votre nom sur la boîte aux lettres dès le premier jour et soyez joignable.
Le contrôle ne s'arrête pas là. La loi permet à l'Office des étrangers de vérifier, lors de chaque renouvellement, que vous remplissez toujours les conditions, et de procéder à tout moment à des contrôles spécifiques en cas de présomption de fraude ou de mariage conclu uniquement pour obtenir un séjour. Pour le conjoint d'un non-Européen, la condition centrale est une vie conjugale ou familiale effective.
Cinq ans sous condition : ce qui peut entraîner un retrait
Si vous avez rejoint un non-Européen (article 10). Pendant les cinq premières années suivant la délivrance du titre de séjour, l'Office des étrangers peut mettre fin à votre séjour notamment si :
- vous ne remplissez plus l'une des conditions de l'article 10 ;
- vous et la personne rejointe n'entretenez pas ou plus de vie conjugale ou familiale effective ;
- l'un de vous deux s'est marié ou lié par un partenariat enregistré avec une autre personne ;
- il a été mis fin au séjour de la personne rejointe.
L'Office des étrangers doit alors tenir compte de la solidité de vos liens familiaux, de la durée de votre séjour en Belgique et de vos attaches avec votre pays d'origine. Au bout des cinq ans, le séjour devient illimité si vous remplissez encore les conditions.
Protection des victimes de violences. L'Office des étrangers ne peut pas mettre fin au séjour pour ces motifs si vous prouvez avoir été victime, pendant le mariage ou le partenariat, de certaines violences réprimées par le Code pénal (notamment le viol et les coups et blessures). Dans les autres cas, la loi lui demande de prendre particulièrement en considération la situation des victimes de violences dans leur famille.
Si vous avez rejoint un Belge ou un citoyen de l'Union (articles 40bis et 40ter). Pendant les cinq années suivant la reconnaissance de votre droit de séjour, il peut y être mis fin notamment en cas de divorce, de fin du partenariat enregistré ou de fin de l'installation commune. Ce motif ne s'applique pas, par exemple, si la vie commune a duré au moins trois ans dont un an en Belgique, si vous avez la garde des enfants, ou si vous démontrez avoir été victime de violences dans la famille. Dans ces cas, vous devez en plus prouver que vous travaillez ou que vous disposez de ressources suffisantes, et que vous avez une assurance maladie.
Si vous subissez des violences, mettez-vous d'abord en sécurité : police, CPAS, associations d'aide aux victimes. Gardez les preuves (certificats médicaux, plaintes) et consultez un avocat spécialisé en droit des étrangers avant toute démarche sur votre séjour.
Les moyens du regroupant restent sous contrôle
Au renouvellement, la personne rejointe doit souvent prouver à nouveau ses ressources. Depuis la loi du 18 juillet 2025, entrée en vigueur le 18 août 2025, le seuil est de 110 % du revenu minimum mensuel moyen garanti, soit 2 456,97 € net par mois depuis l'indexation du 1er juillet 2026, augmenté de 10 % par membre de la famille supplémentaire à charge. Des règles transitoires maintiennent l'ancien seuil (120 % du revenu d'intégration, 2 217,47 € net par mois depuis le 1er septembre 2026) pour certains dossiers, notamment les demandes introduites avant le 18 août 2025. Vérifiez sur le site de l'Office des étrangers le régime qui s'applique au vôtre.
La mutuelle : personne à charge ou titulaire
Vous pouvez être couvert comme personne à charge de la personne rejointe si elle est elle-même affiliée. L'INAMI admet comme personnes à charge le conjoint, le cohabitant et les enfants, sous conditions : vos revenus personnels ne doivent pas dépasser un plafond (sauf pour les enfants), et la cohabitation est exigée. La personne rejointe s'adresse à sa mutualité, qui lui remet un formulaire de demande. Si vous travaillez, vous devenez vous-même titulaire. Notre guide pour s'affilier à une mutuelle en arrivant en Belgique détaille les choix et les délais.
Les allocations familiales : une affaire régionale
Les allocations familiales dépendent de la Région où vit l'enfant.
- Bruxelles : un enfant domicilié dans la Région y a droit s'il est belge ou autorisé au séjour. Famiris est la caisse publique ; les montants et les conditions sont les mêmes dans toutes les caisses bruxelloises.
- Wallonie : l'inscription n'est pas automatique. Vous choisissez librement une caisse, publique (FAMIWAL) ou privée (Parentia, Camille, KidsLife, Infino), et la démarche est gratuite.
- Flandre : les allocations s'appellent le Groeipakket ; les informations et les caisses se trouvent sur groeipakket.be.
Faites la demande dès que les enfants sont inscrits à la commune.
L'école : obligatoire de 5 à 18 ans
En Belgique, l'obligation scolaire commence avec l'année scolaire qui débute pendant l'année civile des 5 ans de l'enfant. Elle prend fin à la fin de l'année scolaire de l'année civile de ses 18 ans, au plus tard le jour de son 18e anniversaire. Inscrivez les enfants sans attendre la carte de séjour. Les écoles organisent des dispositifs d'accueil pour les élèves qui ne maîtrisent pas encore la langue d'enseignement : renseignez-vous auprès de l'école ou de la commune.
Le parcours d'intégration selon la Région
Bruxelles. Le parcours d'accueil est obligatoire pour l'étranger majeur de moins de 65 ans, inscrit pour la première fois dans une commune bruxelloise avec un titre de séjour de plus de trois mois, et en séjour légal depuis moins de trois ans. Vous devez vous inscrire auprès d'un organisateur dans les 6 mois suivant l'inscription à la commune, puis prouver dans les 18 mois que vous avez suivi le parcours. Les bureaux agréés sont BAPA BXL, BAPA Convivial et BAPA VIA en français, BON en néerlandais. Après un avertissement, le refus peut coûter une amende de 100 €, renouvelable, jusqu'à 2 500 € au total. Les citoyens européens et les membres de leur famille en sont dispensés ; l'ordonnance ne prévoit pas de dispense pour la famille d'un Belge.
Wallonie. Le parcours d'intégration est obligatoire pour l'étranger en séjour légal depuis moins de trois ans avec un titre de plus de trois mois. Les citoyens de l'Union, de l'Espace économique européen et de la Suisse, et les membres de leur famille, ne sont pas concernés. Il se termine dans les 3 ans à dater de la commande du titre de séjour et comprend un module d'accueil, au moins 60 heures de formation à la citoyenneté, au moins 400 heures de français si nécessaire, et une orientation socioprofessionnelle. La commune vous oriente vers le centre régional d'intégration.
Flandre. L'inburgering s'adresse aux nouveaux arrivants de 18 ans et plus. Il est obligatoire pour certains d'entre eux, et celui qui ne le suit pas peut recevoir une amende. Il comprend le néerlandais, une orientation sociale, l'inscription au VDAB et un trajet de participation. Vérifiez votre situation sur integratie-inburgering.be.
Renouveler la carte et viser le séjour définitif
La carte A se renouvelle à la commune, en principe entre le 60e et le 30e jour avant son échéance, avec les preuves que vous remplissez toujours les conditions. Après cinq ans, si les conditions sont encore remplies, le séjour devient illimité.
Avec une carte F, après cinq ans de séjour ininterrompu, vous pouvez obtenir le séjour permanent et la carte F+, valable 10 ans. Demandez-la à la commune avant l'expiration de votre carte F.
Retrouver ses compatriotes
Les premiers mois sont plus simples avec des familles qui sont passées par la même commune et la même école. Sur Compatri, rejoignez votre communauté à Bruxelles, à Anvers, à Liège ou dans les autres villes de Belgique : les Marocains de Belgique, les Congolais de Belgique ou les Camerounais de Belgique y partagent leurs adresses utiles et leurs rencontres.
Compatri ne fait aucune démarche à votre place. La commune, l'Office des étrangers, votre mutualité et votre caisse d'allocations familiales restent seuls à faire foi.
Sources officielles
- Office des étrangers : visa D regroupement familial, inscription à la commune et renouvellement
- Office des étrangers : regroupement avec un étranger non UE en séjour illimité
- Office des étrangers : regroupement avec un Belge
- Office des étrangers : moyens de subsistance stables, réguliers et suffisants
- Office des étrangers : cartes F et F+
- Loi du 15 décembre 1980, articles 10 à 13, 40bis, 40ter, 42quater et 42quinquies (Justel)
- INAMI : le droit aux soins en tant que personne à charge
- Famiris : conditions des allocations familiales bruxelloises
- Wallonie : s'inscrire à une caisse d'allocations familiales wallonne
- Groeipakket : allocations familiales en Flandre
- Wallonie : principales caractéristiques du système éducatif (obligation scolaire)
- Moniteur belge : ordonnance du 20 juillet 2023 sur le parcours d'accueil à Bruxelles
- Ville de Bruxelles : parcours d'accueil obligatoire
- Action sociale Wallonie : parcours d'intégration
- Vlaanderen : inburgering
Questions fréquentes
Dans quel délai faut-il se présenter à la commune après un regroupement familial en Belgique ?
Dans les huit jours ouvrables qui suivent l'entrée en Belgique, selon l'article 12 de la loi du 15 décembre 1980. Présentez-vous à la commune où vit la personne rejointe avec votre passeport et le visa D. Si la commune n'a pas de rendez-vous libre, contactez-la avant la fin du délai et gardez une trace écrite.
Carte A ou carte F : laquelle reçoit-on après un regroupement familial ?
La carte A si vous rejoignez un ressortissant non européen en séjour légal (article 10 de la loi du 15 décembre 1980). La carte F si vous rejoignez un Belge ou un citoyen de l'Union (articles 40ter et 40bis). Après cinq ans, la carte A peut céder la place à un séjour illimité, et la carte F à la carte F+ de séjour permanent, valable 10 ans.
Pendant combien de temps le séjour obtenu par regroupement familial peut-il être retiré ?
Pendant cinq ans : à partir de la délivrance du titre de séjour si vous avez rejoint un non-Européen, à partir de la reconnaissance du droit de séjour si vous avez rejoint un Belge ou un citoyen de l'Union. Le retrait peut notamment suivre la fin de la vie commune ou la perte d'une condition. L'Office des étrangers doit tenir compte de vos liens familiaux, de la durée de votre séjour et de vos attaches avec votre pays d'origine.
Une victime de violences conjugales perd-elle son séjour si elle quitte son conjoint ?
La loi prévoit des protections. Si vous avez rejoint un non-Européen, l'Office des étrangers ne peut pas retirer le séjour pour fin de la vie commune si vous prouvez avoir subi certaines violences réprimées par le Code pénal pendant le mariage ou le partenariat. Si vous avez rejoint un Belge ou un Européen, la protection existe aussi, mais vous devez en plus prouver un travail ou des ressources suffisantes et une assurance maladie. Gardez les preuves et consultez un avocat.
Le parcours d'intégration est-il obligatoire après un regroupement familial en Belgique ?
Cela dépend de la Région. À Bruxelles, il est obligatoire pour l'étranger de 18 à 64 ans inscrit pour la première fois avec un titre de plus de trois mois : inscription dans les 6 mois, amende de 100 € à 2 500 € au total en cas de refus. En Wallonie, il doit être terminé dans les 3 ans. En Flandre, l'inburgering est obligatoire pour certains nouveaux arrivants de 18 ans et plus. Les citoyens européens et leur famille en sont dispensés.
Qui verse les allocations familiales après un regroupement familial en Belgique ?
La caisse de la Région où vit l'enfant. À Bruxelles, Famiris ou une autre caisse bruxelloise, pour un enfant domicilié dans la Région et autorisé au séjour. En Wallonie, une caisse choisie librement (FAMIWAL, Parentia, Camille, KidsLife ou Infino), l'inscription n'étant pas automatique. En Flandre, le Groeipakket, sur groeipakket.be.