Travailler pendant ses études en France : 964 heures par an, les règlesÉtudes en France
8 min de lecture
11 sept. 2026

Travailler pendant ses études en France : 964 heures par an, les règles

Un étudiant non européen peut travailler 964 heures par an sans autorisation, à condition d'avoir le bon titre. Comment se calcule ce plafond, ce qui change pour les étudiants algériens, ce que l'employeur doit faire, ce que vous risquez à le dépasser et où chercher un job.

Espero AKPOLI

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Informations vérifiées le 11 septembre 2026.

Travailler pendant ses études est souvent une nécessité autant qu'un choix : payer le loyer, compléter l'argent envoyé par la famille et, depuis juillet 2026, parfois garder l'aide au logement. La France l'autorise aux étudiants étrangers, mais dans un cadre précis, avec un plafond d'heures que la préfecture peut regarder au moment du renouvellement du titre de séjour. Voici les règles telles que les fixent le Code du travail et Service Public, les cas particuliers, et où chercher. Si vous êtes encore au début du parcours, commencez par notre guide complet de la procédure Campus France.

La règle des 964 heures par an

Un étudiant non européen titulaire d'un titre de séjour étudiant peut travailler 964 heures par an au maximum, sans demander d'autorisation de travail. Ce plafond correspond à 60 % de la durée annuelle légale du travail (article R. 5221-26 du Code du travail). Le travail reste une activité accessoire : vous êtes en France d'abord pour étudier.

L'année ne court pas de janvier à décembre. Selon Service Public, elle commence à la validation du VLS-TS (visa long séjour valant titre de séjour) ou à la délivrance de la carte de séjour. L'exemple donné : pour un titre délivré le 1er septembre 2025, les 964 heures courent jusqu'au 31 août 2026.

RepèreValeur
Plafond annuel964 heures
Moyenne sur 52 semainesenviron 18 h 30 par semaine
Rythme conseillé par Campus France15 heures par semaine au plus
SMIC horaire brut depuis le 1er juin 202612,31 €

Le plafond est annuel : vous pouvez travailler davantage pendant les vacances et moins en période d'examens, tant que le total de la période reste sous 964 heures. Il vaut tous employeurs confondus : si vous cumulez deux jobs, les heures s'additionnent. Tenez vous-même un décompte, bulletins de salaire à l'appui.

Dépasser le plafond : ce que vous risquez

Service Public est explicite : un étudiant qui ne respecte pas la limite des 964 heures risque le retrait de son titre de séjour et le refus de son renouvellement. Au renouvellement, la préfecture examine aussi le caractère réel et sérieux des études : un emploi qui prend le pas sur les cours peut vous coûter bien plus qu'il ne rapporte. Travailler au-delà n'est possible qu'avec une autorisation de travail demandée par l'employeur, dans des cas liés au cursus comme l'alternance (voir plus bas).

Les conditions : le bon titre et la déclaration de l'employeur

Il vous faut l'un de ces deux titres :

  • un VLS-TS mention « étudiant », validé en ligne après votre arrivée ;
  • une carte de séjour « étudiant ».

Le VLS-TS se valide sur le site de l'ANEF (l'administration numérique des étrangers en France) dans les trois mois qui suivent l'arrivée, et c'est cette validation qui fait courir votre droit. Faites-la avant de signer un contrat de travail : voir notre guide pour valider son VLS-TS.

Vous n'avez aucune autorisation de travail à demander. En revanche, l'employeur doit adresser une déclaration nominative à la préfecture du département où il a son siège, au moins deux jours ouvrables avant l'embauche. Sans réponse de la préfecture dans les deux jours ouvrables qui suivent la réception, la vérification est réputée faite. Beaucoup de petits employeurs ignorent cette formalité : remettez-leur une copie de votre titre et rappelez-la. L'omettre expose l'employeur à une contravention de 5e classe, selon la préfecture du Rhône.

À noter : la carte de séjour étudiant ne permet pas d'être auto-entrepreneur. Le travail autorisé est un emploi salarié.

Étudiants algériens : un régime à part

Les étudiants algériens relèvent de l'accord franco-algérien de 1968, et non du régime général. Selon Service Public :

  • le titre requis est le certificat de résidence « étudiant » ;
  • l'employeur doit demander et obtenir une autorisation de travail avant le début de l'activité, uniquement en ligne ;
  • une fois l'autorisation obtenue, l'étudiant peut travailler au maximum 50 % de la durée annuelle de travail pratiquée dans la branche ou la profession concernée ;
  • la déclaration nominative de l'employeur à la préfecture, deux jours ouvrables avant l'embauche, s'applique aussi ;
  • le certificat de résidence étudiant ne permet pas d'être auto-entrepreneur.

Pour un contrat d'apprentissage, l'autorisation obtenue permet de travailler au-delà de 50 % dans le cadre des études. Si vous êtes algérien, ne vous fiez donc pas aux conseils généraux sur les 964 heures : ils ne s'appliquent pas à votre cas.

Stages et alternance : ce qui ne compte pas pareil

Le stage sous convention

Un stage effectué dans le cadre de votre cursus, sous convention de stage signée avec votre établissement, n'est pas un contrat de travail : il ne demande pas d'autorisation de travail (préfecture du Rhône). La gratification de stage n'est pas un salaire, et le plafond des 964 heures vise l'activité salariée : un stage conventionné n'est donc pas, en principe, décompté dans ce plafond. Si vous cumulez un long stage et un job, faites-le confirmer par le service des stages de votre établissement.

L'apprentissage et le contrat de professionnalisation

  • Contrat d'apprentissage : possible si vous êtes en France depuis plus d'un an, condition non exigée pour un master ou un diplôme de niveau I reconnu par la Conférence des grandes écoles. Une fois le contrat validé par l'opérateur de compétences (Opco), l'employeur n'a pas d'autorisation de travail à demander, et vous pouvez travailler au-delà de 964 heures dans le cadre du cursus.
  • Contrat de professionnalisation : possible aussi après plus d'un an en France ; pour dépasser 964 heures, l'employeur doit demander et obtenir une autorisation de travail.

L'alternance a un autre avantage depuis juillet 2026 : elle fait partie des situations qui maintiennent le droit à l'aide au logement.

Salaire, impôts et APL : ce qu'implique un job étudiant

Le SMIC s'applique à vous

Étudiant étranger ou non, un salarié est payé au moins au SMIC, le salaire minimum. Depuis le 1er juin 2026, il s'élève à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures par semaine (ministère du Travail). À titre d'ordre de grandeur, 964 heures payées au SMIC représentent environ 11 870 € brut sur un an : c'est un plafond, pas une norme, et le net est inférieur.

Ne comptez pas sur un futur job pour votre dossier de visa : le minimum de ressources, désormais 877,50 € par mois, se justifie au moment de la demande. Voir notre article sur le minimum de ressources pour un visa étudiant.

Les impôts

Dès 18 ans, une déclaration de revenus peut être due, selon votre situation. Pour les moins de 26 ans, les salaires d'un job étudiant sont exonérés dans la limite de trois fois le SMIC mensuel (5 405 € pour les revenus 2025, selon etudiant.gouv.fr) ; seule la part au-delà est à déclarer. Les gratifications de stage bénéficient d'une exonération distincte. Votre situation dépend aussi de votre résidence fiscale : en cas de doute, interrogez le centre des finances publiques de votre ville.

Le lien avec l'APL depuis juillet 2026

Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants non européens non boursiers n'ont plus droit à l'APL, sauf exceptions, dont l'exercice d'une activité professionnelle. La CAF ne fixe pas de seuil ; selon le ministère du Logement, cité par franceinfo, une heure par semaine suffit. Un petit emploi régulier peut donc avoir un double effet : un revenu, et le maintien de l'aide au logement. Déclarez-le à la CAF. Tout est expliqué dans notre article sur la fin des APL pour les étudiants non européens.

Où trouver un job étudiant

Commencez par les sites institutionnels que recense Campus France :

  • Jobaviz (jobaviz.fr), la plateforme officielle des CROUS, avec des offres compatibles avec les études ;
  • 1jeune1solution (1jeune1solution.gouv.fr), le site de l'État, qui propose notamment des jobs de 15 heures par semaine au plus ;
  • la rubrique emploi d'etudiant.gouv.fr et le CIDJ ;
  • votre établissement : de nombreuses universités recrutent leurs propres étudiants (bibliothèques, accueil, tutorat) et diffusent des offres locales.

Méfiez-vous des offres qui promettent beaucoup pour peu, demandent un paiement pour « activer » un poste ou proposent de travailler sans contrat. Un travail non déclaré ne vous donne ni fiche de paie, ni protection en cas d'accident, ni preuve d'activité pour la CAF ou pour la préfecture.

Le réseau de compatriotes pour trouver plus vite

Beaucoup de jobs se trouvent par quelqu'un plutôt que par une annonce. Dans la communauté de votre ville sur Compatri, il y a des compatriotes qui travaillent déjà dans la restauration, le commerce, la logistique ou la garde d'enfants, d'autres qui dirigent une entreprise ou une association et recrutent, et beaucoup qui savent quels employeurs déclarent correctement leurs étudiants. Pour activer ce réseau sans le brusquer, voir notre article sur le réseau professionnel de la diaspora.

Vous pouvez rejoindre la communauté de votre future ville avant même d'arriver : c'est le moment de demander comment les étudiants s'organisent sur place, quels secteurs recrutent, quels horaires sont compatibles avec les cours. Voir rejoindre sa communauté avant de partir. Les étudiants algériens retrouveront aussi leurs compatriotes sur la page de la diaspora algérienne.

Compatri n'est ni une agence d'intérim ni un service juridique : pour un doute sur votre droit au travail, adressez-vous à la préfecture ou au service des relations internationales de votre établissement.

Sources officielles

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Questions fréquentes

Combien d'heures un étudiant étranger peut-il travailler en France ?

Un étudiant non européen titulaire d'un VLS-TS étudiant validé ou d'une carte de séjour étudiant peut travailler 964 heures par an au maximum, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans autorisation de travail. L'employeur doit seulement déclarer l'embauche à la préfecture au moins deux jours ouvrables avant. Les étudiants algériens relèvent d'un régime différent.

Comment se calculent les 964 heures de travail d'un étudiant étranger ?

L'année commence à la validation du VLS-TS ou à la délivrance de la carte de séjour, pas au 1er janvier : pour un titre délivré le 1er septembre 2025, les 964 heures courent jusqu'au 31 août 2026, selon Service Public. Le plafond est annuel et vaut tous employeurs confondus. Vous pouvez travailler plus pendant les vacances et moins en période d'examens, tant que le total reste sous 964 heures.

Un étudiant algérien peut-il travailler en France pendant ses études ?

Oui, mais selon un régime propre issu de l'accord franco-algérien de 1968. Avec un certificat de résidence étudiant, l'étudiant algérien a besoin d'une autorisation de travail, demandée en ligne par l'employeur avant l'embauche, et peut ensuite travailler au maximum 50 % de la durée annuelle de travail pratiquée dans la branche ou la profession. La déclaration de l'employeur à la préfecture s'applique aussi.

Que risque un étudiant étranger qui travaille plus de 964 heures ?

Selon Service Public, il risque le retrait de son titre de séjour et le refus de son renouvellement. Au renouvellement, la préfecture vérifie aussi que les études sont réelles et sérieuses. Travailler au-delà n'est possible qu'avec une autorisation de travail demandée par l'employeur, dans des cas liés au cursus comme un contrat d'apprentissage validé.

Un stage compte-t-il dans les 964 heures d'un étudiant étranger ?

Un stage effectué dans le cadre du cursus, sous convention signée avec l'établissement, n'est pas un contrat de travail et ne demande pas d'autorisation de travail. La gratification n'étant pas un salaire, il n'est en principe pas décompté dans le plafond des 964 heures, qui vise l'activité salariée. Si vous cumulez un long stage et un job, faites-le confirmer par le service des stages de votre établissement.