Partir étudier en licence ou en master ? Chiffres, bourses et coût pour choisirOrientation
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Partir étudier en licence ou en master ? Chiffres, bourses et coût pour choisir

Partir étudier en licence ou en master ? 64 % des bourses d'études du gouvernement français vont au master, une licence complète en France coûte au moins 40 296 €, un master 28 960 €. Les chiffres officiels, les bourses par niveau et les questions à te poser.

Espero AKPOLI

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Informations vérifiées le 2 novembre 2026.

Partir étudier en licence ou en master ? La réponse courte : le master est le moment où les portes s'ouvrent le plus, parce que les bourses s'y concentrent et que deux ans à l'étranger coûtent moins que trois. Partir dès la licence se justifie quand ta filière n'existe pas chez toi, quand tu décroches une bourse de premier cycle, ou quand ton dossier de lycée est solide et ta famille prête à financer trois ans. Ce guide pose les chiffres officiels de Campus France, les bourses de notre annuaire niveau par niveau, le coût réel des deux options et les questions de maturité que personne ne chiffre. Si tu hésites encore entre rester et partir, commence par notre guide après le bac en Afrique : rester ou partir.

Partir étudier en licence ou en master : le comparatif

CritèrePartir dès la licencePartir en master
Âge au départ17 à 19 ans, souvent21 à 23 ans, ou plus après une expérience
Durée à financer3 ans au moins2 ans le plus souvent
Droits à l'université publique en France (2026-2027)2 902 € par an3 950 € par an
Bourses dans notre annuaire42 fiches, dont 21 entièrement financées90 fiches, dont 54 entièrement financées
Ce que regarde le juryBulletins de la seconde à la terminale, bacRelevés de licence, projet, parfois expérience
Filet de sécuritéAucun diplôme du supérieur en pocheUne licence déjà obtenue chez toi
IntégrationPlus longue, mais un cursus complet sur placePlus rapide à boucler, réseau plus court à construire

Aucune ligne ne tranche seule. Lis-les avec ta situation : ta moyenne, ta filière, le budget de ta famille, et ce que tu veux faire après.

Ce que disent les chiffres de Campus France

Campus France publie chaque année ses « Chiffres clés » de la mobilité étudiante. L'édition 2025, la plus récente en ligne, porte sur l'année 2023-2024.

Les Africains sont plus de la moitié des étudiants étrangers en France. Sur 419 694 étudiants étrangers (apprentis de BTS exclus), 115 863 viennent d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (28 %) et 103 450 d'Afrique subsaharienne (25 %). L'Afrique subsaharienne est la région qui progresse le plus vite : +34 % en cinq ans.

Pays d'origineÉtudiants en France (2023-2024)
Maroc43 354
Algérie34 269
Sénégal16 955
Tunisie15 224
Côte d'Ivoire11 772
Cameroun10 880
Congo8 307
Bénin7 003
Gabon5 813
Madagascar5 612
Togo5 424

Le Bénin (+105 % en cinq ans) et le Togo (+73 %) sont, parmi les 25 premiers pays d'origine, ceux qui grandissent le plus vite.

Plus le niveau monte, plus la part des étrangers grandit. Dans les universités françaises, 264 168 étudiants étrangers étaient inscrits en 2023-2024 : 138 634 en licence (52 %), 105 414 en master (40 %) et 20 120 en doctorat (8 %). Mais rapportés à l'ensemble des inscrits, les étrangers pèsent 14 % des effectifs de licence, 18 % de ceux de master et 37 % de ceux de doctorat. Autrement dit, l'université française accueille beaucoup d'étrangers en licence, mais c'est en master et en doctorat qu'elle les recrute le plus, en proportion.

La France reste la première destination des étudiants subsahariens. D'après les données de l'UNESCO reprises par Campus France, 502 432 étudiants subsahariens suivaient une formation diplômante à l'étranger en 2022. La France en accueillait 66 000 (13 %), devant le Royaume-Uni (près de 62 000), les États-Unis (42 000), la Turquie (33 000) et le Canada (28 000).

Ces chiffres ne disent pas à quel âge chacun est parti. Ils montrent seulement que les deux voies sont fréquentées, et que le master pèse plus lourd qu'on ne le croit.

Les bourses se concentrent en master

C'est l'argument le plus solide pour attendre. Campus France compte 11 402 bourses de stage et d'études du gouvernement français et de l'AEFE délivrées en 2023-2024 : 64 % des bourses d'études allaient à des étudiants de master, 13 % à des doctorants. La licence se partage le reste.

Notre annuaire de bourses relues sur les sites officiels dit la même chose. Sur ses 122 fiches, 90 sont ouvertes au master et 42 à la licence. Parmi les bourses entièrement financées, 54 concernent le master, 21 la licence.

BourseNiveauCondition qui compte pour ton calendrier
Eiffel (France)Master, doctorat29 ans au plus pour le master, candidature présentée par l'établissement
Chevening (Royaume-Uni)MasterDeux ans d'expérience professionnelle après la licence
DAAD EPOS (Allemagne)MasterDeux ans d'expérience professionnelle liée au domaine
Erasmus Mundus (Europe)MasterLicence obtenue avant le début du master
Türkiye Bursları (Turquie)Licence à postdocMoins de 21 ans pour la licence, moins de 30 ans pour le master
GKS licence (Corée)LicenceLycée terminé, une année de coréen avant la licence
Mastercard Foundation ScholarsLicence, masterSituation financière qui empêche de payer ses études

Deux leçons pour ton calendrier. D'abord, plusieurs grandes bourses de master demandent deux ans d'expérience professionnelle : « partir en master » ne veut donc pas toujours dire partir à 22 ans. Ensuite, les bourses de licence existent, mais elles mènent surtout vers la Turquie, l'Asie, le monde arabe, l'Europe centrale ou des universités africaines partenaires, rarement vers la France. Si ton rêve est Paris dès 18 ans, compte d'abord sur ta famille. Le panorama complet se trouve dans notre guide des bourses d'études entièrement financées pour les étudiants africains.

Le coût : trois ans de licence contre deux ans de master

Prenons la France, où les montants sont publiés. Pour 2026-2027, les universités publiques facturent aux étudiants non européens des droits différenciés de 2 902 € par an en licence et 3 950 € par an en master (contre 178 € et 255 € au tarif national). Le visa exige en plus de justifier 877,50 € de ressources par mois, soit 10 530 € sur douze mois.

Scénario en FranceDroits différenciésRessources minimales (12 mois par an)Total minimum
Licence complète (3 ans)8 706 €31 590 €40 296 €
Master (2 ans)7 900 €21 060 €28 960 €
Licence et master en France (5 ans)16 606 €52 650 €69 256 €

Ces totaux sont un plancher, pas un budget : ils ignorent le billet, le logement de la première semaine, l'assurance et la hausse probable des montants (les droits 2027-2028 ne sont pas encore publiés). Faire sa licence au pays et partir en master divise donc presque par deux la facture minimale en France.

Les exonérations existent mais se réduisent : le décret du 19 mai 2026 limite chaque université à 30 % d'étudiants étrangers exonérés en 2026-2027, puis 25 % en 2027-2028 et 20 % à terme. Ne bâtis pas ton budget dessus. Pour comparer avec la Belgique, le Canada, l'Allemagne et la Turquie, lis notre coût d'une année d'études par pays, et pour la vie quotidienne notre budget étudiant à Paris, Lyon et Lille.

La maturité : ce que les chiffres ne mesurent pas

À 17 ou 18 ans, partir veut dire tout apprendre en même temps : un nouveau système de cours, un logement à trouver seul, une banque, un titre de séjour, l'hiver, la solitude du premier trimestre. Certains s'y épanouissent. D'autres perdent leur première année, et cette année perdue coûte cher, en argent comme en dossier.

Car les retards se paient plus tard. Campus France Togo, par exemple, recommande pour entrer en licence de ne pas avoir redoublé au lycée et d'avoir au moins 12/20 de moyenne de la seconde à la terminale. Pour une L3 ou un master 1, il attend une licence obtenue en 4 ans au plus dans le privé, 5 ans au plus dans le public, et pas de « rétrogradation » de plus d'une année. Une licence réussie chez toi, sans redoublement, avec de bonnes notes, est un dossier plus fort qu'un bac moyen. Les critères de chaque pays sont détaillés dans notre article sur les critères d'éligibilité Campus France.

À 21 ou 22 ans, tu pars avec un diplôme en poche, un projet plus précis, et souvent une meilleure idée de ce que tu ne veux pas faire. Si le séjour tourne mal, tu as déjà un niveau reconnu chez toi. Notre article étudier loin de chez soi décrit cette première année, quelle que soit ton entrée.

Quand partir dès la licence se justifie

  • Ta filière n'existe pas au pays, ou elle y est saturée, sans place publique.
  • Tu as obtenu une bourse de licence : la Türkiye Bursları fixe moins de 21 ans pour la licence, la GKS licence s'adresse aux bacheliers. Attendre te ferait sortir de leur cible.
  • Ton dossier de lycée est fort : pas de redoublement, 12/20 ou plus partout, et la candidature préparée dès la Première, comme l'explique notre guide pour préparer son dossier dès la Première.
  • Ta famille peut financer trois ans, ressources du visa comprises, sans compter sur une exonération.

Attention aux pays où le bac ne suffit pas. En Allemagne, un diplôme de fin de secondaire non reconnu comme accès à l'université oblige à passer par un Studienkolleg (en général deux semestres) et son examen final, la Feststellungsprüfung. Notre guide pour étudier en Allemagne détaille ce passage, et celui sur l'équivalence du bac africain à l'étranger fait le point pays par pays.

Quand attendre le master est plus sûr

  • Ta moyenne est juste ou tu as redoublé : une bonne licence efface en partie un lycée moyen.
  • Ton budget ne couvre pas trois ans : deux ans de master coûtent moins cher, et c'est là que les bourses se trouvent.
  • Tu vises une grande bourse de master : Eiffel, Erasmus Mundus, puis Chevening ou DAAD après deux ans de travail.
  • Tu ne sais pas encore ce que tu veux faire : la licence au pays te laisse le temps de choisir sans payer 10 530 € par an pour hésiter.

Une voie intermédiaire existe aussi : une ou deux années au pays, puis une entrée en L2 ou en L3 à l'étranger. Elle demande des crédits validés et un parcours sans trou, mais elle combine les avantages des deux options.

Les questions à te poser avant de choisir

1Ma formation existe-t-elle dans une université publique de mon pays, avec un niveau reconnu ?
2Ma famille peut-elle justifier les ressources du visa pendant toute la durée des études, pas seulement la première année ?
3Ai-je redoublé ? Ma moyenne de la seconde à la terminale atteint-elle 12/20 ?
4Une bourse de licence est-elle réellement ouverte à ma nationalité et à mon âge, avec une date limite publiée ?
5Suis-je prêt à vivre seul, gérer un budget et des démarches administratives dans un autre pays ?
6Qu'est-ce que je veux faire après le diplôme, et où ?

Demander à ceux qui ont fait l'un ou l'autre

Le plus utile reste de parler à quelqu'un qui est parti à 18 ans, et à quelqu'un qui est parti à 23. Sur Compatri, les mentors bénévoles de la diaspora répondent aux demandes de mise en relation : tu présentes ta situation dans un message, et la conversation s'ouvre s'il accepte. Notre guide pour trouver un mentor dans la diaspora explique comment écrire ce premier message.

Pour les bourses, active les alertes de l'annuaire : tu reçois les dates limites de ta nationalité et de ton niveau, au plus une fois par semaine. Si tu vises la France, le simulateur Campus France, gratuit et anonyme, situe ton dossier par rapport aux admis. Et pendant que tu prépares, ton groupe de classe te relie aux élèves de ta classe dans d'autres villes, qui se posent les mêmes questions.

Compatri ne délivre ni bourse ni admission : seules les décisions des établissements, des organismes de bourses et des consulats t'engagent.

Sources officielles

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Questions fréquentes

Vaut-il mieux partir étudier à l'étranger en licence ou en master ?

Il n'y a pas de règle unique. Le master concentre les bourses et ne dure que deux ans, ce qui le rend plus accessible. Partir dès la licence se justifie si ta filière n'existe pas au pays, si tu obtiens une bourse de licence ou si ton dossier de lycée est solide et ta famille peut financer trois ans.

Y a-t-il plus de bourses en master qu'en licence ?

Oui. D'après Campus France, 64 % des bourses d'études du gouvernement français et de l'AEFE allaient à des étudiants de master en 2023-2024. Dans l'annuaire Compatri, 90 des 122 bourses sont ouvertes au master contre 42 à la licence.

Combien coûte une licence en France pour un étudiant africain ?

À l'université publique, les droits différenciés sont de 2 902 € par an en 2026-2027, sauf exonération. Avec les 877,50 € de ressources mensuelles exigés pour le visa, trois ans de licence représentent au moins 40 296 €, hors billet et frais d'installation.

Peut-on faire une ou deux années au pays puis partir en L2 ou en L3 ?

Oui, à condition d'avoir validé les crédits correspondants et un parcours sans trou. Campus France Togo, par exemple, demande des relevés justifiant 60, 120 ou 180 crédits et refuse une rétrogradation de plus d'une année par rapport au niveau atteint.

Y a-t-il un âge limite pour les bourses d'études à l'étranger ?

Certaines en fixent une : la bourse Eiffel demande 29 ans au plus pour le master, la Türkiye Bursları moins de 21 ans pour la licence et moins de 30 ans pour le master. D'autres, comme Chevening, n'ont pas de limite d'âge mais exigent deux ans d'expérience professionnelle.